Réponse à la lettre ouverte en appui aux médias régionaux

Aux signataires de la lettre ouverte en appui aux médias régionaux et la presse écrite.

 

D’abord merci d’agir afin de sensibiliser la population et le gouvernement sur cet enjeu vital pour nos communautés.

Nous sommes d'accord avec vous : nous avons besoin de nos médias locaux et de journalistes sur notre territoire plus que jamais.  Il est toutefois devenu évident que la presse écrite est menacée par le déclin des revenus publicitaires et l'absence d'appui de la part du gouvernement fédéral. L’enjeu va bien au-delà des pertes d’emplois liés à la fermeture de journaux, mais également sur la qualité de l’information et la couverture de la vie de nos communautés.

Des efforts colossaux sont déployés par les médias en Abitibi-Témiscamingue et en Jamésie afin de maintenir la couverture journalistique de nos régions et cela avec de moins en moins de moyens. Cette situation ne saurait durer encore longtemps sans support adéquat du gouvernement.

Depuis des années nous pressons Ottawa à agir pour sauver la presse écrite. Nous croyons que les solutions sont nombreuses, Seulement dans les trente derniers mois, deux rapports combinant une trentaine de recommandations ont été déposées sur le bureau de la ministre du Patrimoine, Mélanie Joly. Malheureusement, le gouvernement  n'a donné suite à  aucune de ces recommandations.

Avec le prochain budget fédéral,  les attentes sont grandes mais la ministre Joly répète qu'elle ne soutiendra pas des "modèles qui ne sont pas viables". Pendant ce temps, son gouvernement embauche des anciens lobbyistes des géants du web comme directeurs de cabinet, défend l'iniquité fiscale et les avantages fiscaux qu'ils donnent à des entreprises comme Facebook et Google, accorde des congés d'impôts à des entreprises comme Netflix et retire progressivement le soutien aux médias écrits en donnant désormais 55% de son budget publicitaire à ces mêmes géants du web américains qui recourent aux paradis fiscaux et qui ne financent aucun contenu journalistique.

Le gouvernement du Canada ne fait rien. Il pelte ses responsabilités envers la presse écrite au gouvernement du Québec et il prive nos médias locaux de millions de dollars en investissements publicitaires en favorisant des plateformes numériques étrangères. Pendant ce temps, ce sont des milliers d'emplois qui se perdent dans l'industrie des médias et c'est l'information régionale  qui en souffre.

De notre côté, nous croyons que l'information est un bien commun et qu'il faut soutenir nos médias tout en s'assurant de maintenir leur plus totale indépendance. Vous pouvez donc compter sur nous pour maintenir la pression sur le gouvernement Trudeau afin qu'il agisse pour soutenir la presse écrite et nos médias régionaux.

Entretemps, nous vous encourageons à poursuivre la lutte et de maintenir vos efforts afin de faire entendre raison les députés libéraux, la ministre du Patrimoine, Mélanie Joly et le ministre des Finances, Bill Morneau, d'ici le prochain budget.


En toute solidarité,

 

Christine Moore, députée d’Abitibi-Témiscamingue

Romeo Saganash, député d’Abitibi-Baie-James-Nunavik-Eeyou